Dead Set

Posté dans Fantastique / survival / gore flick le 30/03/2009 par Nicolas

Enfin ! Une série horreur/fantastique, sept ans après la fin d’X-Files… Rien que pour cela, Dead Set mérite le coup d’oeil. Et comme le monde est bien fait, cette mini-série britannique de cinq épisodes ne se contente pas de représenter le genre. Une excellente surprise pour tous les amateurs de zombie flicks.

Ah, ça… Du zombie, vous allez en bouffer dans Dead Set. Si vous êtes allergique au genre, passez votre chemin : il s’agit d’un retour aux sources sans concession, le genre qui repeint les murs et tâche la moquette.

L’action se déroule sur le plateau de la version anglaise de Big Brother. L’attaque des studios contraint une charmante assistante de l’équipe de production à se réfugier dans l’appartement où se déroule le jeu, en compagnie de candidats passablement abrutis et totalement inconscients de ce qui vient de se passer à l’extérieur. Une façon plutôt originale de composer avec le classique siège des derniers humains par une meute de morts-vivants exagérément peu présentables.

C’est une caractéristique de Dead Set, qui se contente de reprendre les bonnes vieilles recettes, mais avec la volonté évidente de s’amuser et de coller de bons moments de trouille au spectateur. Les acteurs sont dignes d’une série télé de bonne qualité, et leur accent “so british, mate” leur donne immédiatement ce côté sympathique indispensable à un bon survival.

Que demander de plus ? Du gore ? Ne vous inquiétez pas, vous allez être servis. Quelques scènes ressemblent fortement à un hommage au sanguinolent final du Day of the Dead de Romero, toutes tripes dehors.

Mis bout à bout, les cinq épisodes atteignent 2h30. Evidemment, ambiance oblige, mieux vaut prendre le temps de les regarder d’une seule traite. A consommer avec des amis friands du genre, lumière éteinte et pack de bière dans le frigo.

Joie : tous les épisodes sont disponibles en streaming (sous-titrage en français). Le site de Binary-star offre une qualité parfaite, sans limitation de temps. Attention : le son de l’épisode 4 est décalé, mais Alloshow TV pourra vous dépanner avec une version correcte. De rien, de rien.

15/20

The Midnight Meat Train / Manhunt / The Mist / Martyrs

Posté dans Fantastique / survival / gore flick avec des tags , , , , le 30/03/2009 par Nicolas

Eh oui, encore du gros Madfilm. Pour me la jouer mec sensible, j’aurais pû vous parler de Valse avec Bachir et de Slumdog Millionnaire, mes deux derniers coups de cœur. Mais j’ai une quinzaine de trains de retard (n’est-ce pas) et ça n’aurait donc strictement aucun intérêt. Je commencerai les chros de films « classiques » lorsque je serai plus à la page (vœu pieu n°247).

Je n’ai eu ni le temps ni le courage de m’envoyer la sélection Gérardmer, préférant attendre les premiers échos pour m’éviter quelques navetons potentiels. Juste un petit point sur deux films tirés de la sélection, ainsi qu’un coup de cœur pour The Mist et une brève impression sur Martyrs, qui a fait grand bruit ces derniers mois pour de mauvaises raisons.

J’ai été tellement déçu que je n’aurai pas le cœur à faire une chronique complète de The Midnight Meat Train, qui m’a semblé froid, artificiel et passablement creux une fois le pitch expédié. Et encore, je ne parle que du scénario, la réalisation “je t’en mets plein la gueule pour filmer un pauvre wagon de métro sous tous les angles” m’ayant achevé. Quant au dernier plan du film, ben non, juste non. Pas envie d’argumenter, ayant déjà l’impression d’avoir perdu 90 mn de ma fière et folle jeunesse devant ce film. Je ne vais pas me faire que des potes, puisque je n’en ai entendu que du bien jusqu’à aujourd’hui.

Manhunt. Pas un chef d’œuvre, mais une bonne petite leçon de cinéma à sa façon : 1h20, le budget d’un film de vacances entre potes, une forêt… Et quelques bons moments de stress à l’arrivée. Les chasseurs ne sont pas d’immondes créatures difformes, mais de simples rednecks désoeuvrés. Manhunt est basique, modeste, mais fonctionne sans trop d’accrocs jusqu’à sa conclusion. A priori, un jeune réalisateur à suivre de près dans les prochaines années.

J’ai également rattrapé mon retard en regardant The Mist, sorti l’année dernière. L’histoire de la population d’une petite ville américaine, retranchée dans un centre commercial alors qu’un brouillard épais recouvre les environs. Le premier téméraire à tenter de s’y aventurer pousse un hurlement strident et disparaît dans la brume. La tension monte progressivement, et les habitants commencent à adopter des comportements étranges… Très bonne surprise malgré un démarrage un peu mou du genou et une réalisation parfois digne d’un téléfilm. C’est en fait la seconde moitié de cette adaptation d’une nouvelle de Stephen King qui se charge d’asséner une bonne grosse claque au spectateur somnolent, en crescendo continu jusqu’à un final dont la cruauté laisse sans voix. J’ai applaudi comme un crétin, seul dans mon salon. A voir.

Et puis, le cas Martyrs, dont je ne sais pas vraiment quoi penser. Je passe rapidement sur l’histoire, dont tout le monde a entendu parler : deux filles débarquent, shotgun à la main, dans une famille soupçonnée d’avoir séquestré et torturé l’une d’entre elles pendant plusieurs années. Pas de problème : pour une claque, c’en est une belle. Je ne pensais pas voir A l’intérieur se faire surpasser aussi tôt en termes de violence psychologique et visuelle. Après, est-ce un bon film ? Avec le recul, non. C’est une expérience assez fascinante pour tester ses propres limites et s’interroger sur le rôle de la violence au cinéma. Intense, légèrement traumatisante, mais pas franchement indispensable. Reste cette lutte contre la censure à laquelle Martyrs a dû se livrer pour éviter un classement -18. Ca n’aurait pas été un scandale en soi (c’est quand même bien trash) mais son classement final en -16 lui aura au moins permis de limiter les dégâts au niveau financier, et c’est tout le mal que l’on souhaite à Pascal Laugier. Il fallait une bonne dose de courage pour oser réaliser ce film, véritable suicide commercial par sa violence et sa thématique. L’horreur à la française semble bien décidée à garder une véritable identité, et c’est tant mieux.

Gérardmer 2009 : la sélection

Posté dans Actu, Fantastique / survival / gore flick le 25/01/2009 par Nicolas

La programmation du prochain festival Fantastic’Arts de Gérardmer, qui se tiendra du 28 janvier au 1er février, est désormais officielle. Joie ! Le président du jury n’est autre que Jaume Balaguero, qui nous a collé quelques bonnes trouilles avec son Rec sorti l’année dernière.

Autre bonne surprise, la sélection semble marquer un penchant pour le film d’horreur à l’ancienne. Sans plus attendre, un petit aperçu des 9 films en compétition officielle cette année. Pitch tiré d’Allociné.

 

 

Deadgirl (USA), réalisé par Gadi Harel et Marcel Sarmiento.

« Deux lycéens décident de sécher les cours et se retrouvent dans un hôpital voisin désaffecté. Ils font sur place une macabre découverte : le corps dénudé d’une jeune femme enchaînée à une table et recouverte de plastique. »

Pour la faire courte, le dernier film de Marcel Sarmiento parlait de l’histoire d’un type qui s’éprend du chien de sa copine. Ca donne le ton. A quoi s’attendre donc, avec un  pitch  comme celui-ci ? Probablement à une comédie bien sombre… Reste que ce film bénéficie d’une bonne réputation depuis ses premières projections en festival lors du dernier trimestre 2008. Je me suis même laissé dire qu’il fournissait “une réflexion très intéressante sur les recoins de l’âme humaine”. Mmmouaip. Attendons de voir.

 

 

Grace (USA), réalisé par Paul Solet

« Madeline Matheson, enceinte de huit mois, est déterminée à accoucher naturellement. Suite à un grave accident, le bébé qu’elle porte meurt dans son ventre. Néanmoins, elle décide de mener sa grossesse à terme. Après l’accouchement, le bébé revient miraculeusement à la vie… »

Ajoutons que le bébé semble désormais préférer l’hémoglobine au lait maternel. Voilà qui donne le ton de ce film dont on n’attend pas forcément grand-chose, sinon une grosse dose de mauvais goût gorasse.

 

 

Hansel & Gretel (Corée du Sud), réalisé par Kim Phil-Sung

« Sur une route de campagne, Eun-soo est victime d’un accident de voiture, perd connaissance et se réveille perdu dans la forêt. Il y rencontre une mystérieuse jeune fille qui l’entraîne dans une maison digne d’un conte de fée, couverte de fleurs et de dentelles. Mais très vite, Eun-soo n’est plus l’hôte, mais le prisonnier de la jeune fille et de ses frère et soeurs qui ne vieillissent jamais. Eun-soo croit découvrir un moyen de s’enfuir en découvrant un très vieux livre de contes, mais la réalité dépasse la fiction, et ce qu’il lit dans ce livre n’est rien d’autre que ce qu’il est en train de vivre… »

Enfin, les choses sérieuses ! Hansel & Gretel est signé par le réalisateur du très barré The Host, petite bombe sortie fin 2006. L’idée est tentante : un conte occidental traité sur le mode de l’horreur, voici un film qu’on espère bien déjanté et aussi drôle que son prédécesseur. Et d’après les premiers commentaires, on ne devrait pas être déçu par ce voyage décrit par certains spectateurs comme un véritable trip sous acide. L’affiche annonce la couleur.

 

 

Manhunt (Norvège), réalisé par Patrik Syversen

« Eté 1974. Quatre amis partent pour un week-end de détente dans les bois. En chemin, ils sont attaqués par des hommes armés qui les assomment un par un. Ils se réveillent esseulés en plein coeur de la forêt et entendent le son d’un cor de chasse… »

On peut nourrir de beaux espoirs à la vue d’une photographie aussi soignée. Le pitch étant aussi prometteur que casse-gueule si le scénario n’est pas à la hauteur, la prudence est de mise… n’empêche, j’attends Manhunt avec impatience en priant pour qu’il ne se révèle pas comme un énième torture flick bas du front. La rumeur le présente toutefois comme un sérieux client, sans concession dans sa représentation des souffrances des héros. Bigre. A priori, bientôt chroniqué sur ce site.

 

 

Morse (Suède), réalisé par Tomas Alfredson

«  Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Pour tromper son ennui, il se réfugie au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance. Quand Eli s’installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier d’amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l’intriguer… et son arrivée dans cette banlieue de Stockolm coïncide avec une série de morts sanglantes et de disparitions mystérieuses.
Il n’en faut pas plus à Oskar pour comprendre : Eli est un vampire. Leur complicité n’en pâtira pas, au contraire…
»

Sans commentaire, voir la chronique dédiée sur ce blog. Cours public, cours.

 

 

Sauna (Finlande), réalisé par Antti-Jussi Annila

« 1595 : la guerre russo-finlandaise vient de se terminer. Deux frères finlandais font partie d’une commission qui a pour but de délimiter de nouvelles frontières. En chemin, ils sont responsables de la mort atroce d’une jeune russe. Un des frères, rongé par le remords, est hanté par le fantôme de la jeune fille. La commission décide de faire une halte dans un village situé dans un marais. »

On assistera ensuite à une lente plongée vers la folie des protagonistes. Mais dites-moi, je ne rêve pas… ça a l’air joli comme tout ? Pour une fois, le scénario fait un bel effort d’originalité ? Le film a fait l’unanimité au dernier festival de Stitges ?

Moi veux, moi veux ! Malheureusement, toujours pas de date de sortie annoncée.

 

 

Splinter (USA), réalisé par Toby Wilkins

« Pris au piège dans une station service par un parasite qui transforme ses hôtes en d’horribles créatures épineuses, un jeune couple et un prisonnier en cavale doivent trouver un terrain d’entente pour échapper à une mort atroce… »

Premier film pour Toby Wilkins, dont les courts-métrages ont attiré l’attention de Monsieur Sam Raimi himself. Le résultat s’annonce bien gore et rythmé. Reste, d’après la bande-annonce disponible, une caméra un brin gigoteuse qui ne laisse pas augurer d’une réalisation éblouissante. Les photos disponibles sur le Net indiquent en tout cas que le budget ketchup a bien été pris en considération.

 

 

The Burrowers (USA), réalisé par J.T. Petty

« En 1879, dans une région déserte et dénudée des Badlands, des fermiers et une troupe militaire s’associent et partent à la recherche d’une famille disparue. Suspectant en premier lieu les indiens d’avoir enlevé cette famille, ils vont découvrir quelque chose de plus terrifiant et de pas tout à fait humain… »

Je suis curieux de voir le résultat, ne serait-ce que pour l’intention de mêler western et grosses créatures zombiesques. L’expérience pousse en tout cas à une curiosité bienveillante, en attendant d’y jeter un oeil. Diffusé en ouverture du festival.

 

 

The Midnight Meat Train (USA), réalisé par Ryuhei Kitamura

« Leon Kaufman, un brillant jeune photographe spécialisé dans la vie de New-York by night, est repéré par la propriétaire d’une galerie d’art (Brooke Shields) qui lui promet d’exposer ses travaux. Seule condition, Leon doit lui rapporter des clichés dévoilant les aspects les plus sombres et les plus déviants de la ville. Epaulé par sa fiancée Maya (Leslie Biggs), il se met donc à fréquenter les lieux les plus sordides afin de saisir ce qui s’y passe sur le vif et trouve enfin le sujet rêvé : les meurtres commis dans le métro la nuit par un serial-killer surnommé Mahogany (Vinnie Jones), qui massacre ses victimes avec une cruauté inimaginable. Leon décide de lui coller au train, mais réalise trop tard que les souterrains de la ville n’abritent pas seulement le tueur, mais bien pire encore… » (mad-movies.com)

Clive Barker à la production, voilà qui attire forcément l’attention avec ce scénario qui semble prétexte à une belle débauche de barbaque. Et de fait, on nous promet un serial-killer incroyablement bourrin – Vinniiiiiiiiie ! – et une violence encore plus marquée que celle de Hostel et Saw. Rien que ça…

 

 

Voici pour la sélection officielle en compétition, particulièrement alléchante cette année. La semaine prochaine, un point sur les impressions récoltées auprès des participants à ce festival, pour un bilan des bonnes surprises, des confirmations et des inévitables gros flops. Celui-ci inclura cette fois-ci les oeuvres présentées hors-compétition. Le style des films chroniqués sur ce blog évoluera rapidement, mais cette actu bien chaude passe pour l’instant avant le reste.

Morse (Let the right one in)

Posté dans Fantastique / survival / gore flick le 20/01/2009 par Nicolas

« Entretien avec un vampire » avait été LE film de vampire des années 90. Morse (Let the right one in) est sans aucun doute celui de cette dernière décennie. Sa sortie est annoncée pour le 4 février en France. Il mérite d’y rencontrer le même enthousiasme que lors des festivals internationaux où il a été projeté depuis octobre 2008. Chaque fois, Morse a été acclamé par la critique. Vous admettrez sans peine que pour un film de vampire suédois, ce n’était pas gagné d’avance.

Nous sommes au début des années 80. L’action se déroule à Blackeberg, en banlieue de Stockhölm. Bon, je vous mets tout de suite dans la confidence : Blackeberg, c’est un peu mort. En tout cas Oskar, notre héros de 12 ans (formidable Kåre Hedebrant) s’y ennuie ferme, et rumine son malaise de préadolescent. Martyrisé  par les caïds de son école, il s’enferme dans le mutisme. Jusqu’au jour où dans son voisinage apparaît Eli, une fille de son âge avec qui il s’entend rapidement. Il découvre bientôt sa véritable nature ; leur lien n’en devient que plus fort.

Là réside tout le charme de Morse.  Incroyablement casse-gueule a priori, son pitch inspiré d’un roman suédois est porté à bout de bras par le réalisateur Tomas Alfredson et ses deux jeunes acteurs, tout simplement bluffants. Kåre Hedebrant dégage dans son jeu une assurance totale, et ne cesse d’étonner dans la finesse de son interprétation. Quant à Lina Leandersson, vieille âme plusieurs fois centenaire enfermée dans le corps d’une fillette de douze ans, son regard plein de gravité vaut tous les maquillages dont l’aurait affublée une production au budget supérieur.

Particulièrement bien servis par une photographie de toute beauté, les plans ont une certaine tendance à décrocher la mâchoire du cinéphile un tant soit peu averti. La scène finale restera gravée dans les esprits, petit chef d’oeuvre d’une dizaine de minutes qui laisse sans voix.

Tout n’est pas parfait dans ce film, qui accuse une bonne vingtaine de minutes superflues et commet une scène au ridicule confondant, heureusement sans rapport avec les deux personnages principaux. Et on est en droit de ne pas accrocher à son rythme parfois languissant.

Mais ce serait une grave erreur que de manquer sa sortie prochaine. Avec un budget minimal, l’ambiance est parfaitement restituée. Et la cruauté inhérente au thème est bien présente, savamment dosée ; quelques éclairs gores viennent rappeler la véritable nature des besoins d’Eli, et l’hémoglobine se détache à plusieurs reprises sur l’épais manteau de neige qui recouvre ce film maîtrisé, sensible, d’une sincérité désarmante. Oubliez le trop gentillet Twilight et précipitez-vous le 4 février pour découvrir cette petite perle.


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